Perspicacité et indulgence indiennes

De tous les pays découverts par les Européens, les Indes furent sans doute celui qui se laissa le moins impressionner par l’assaut. Accoutumé depuis des siècles à subir des invasions ou à recevoir des visiteurs, qui franchisaient les passes de l’Himalaya ou traversaient la mer d’Oman, ces habitants possédaient une tradition religieuse leur permettant d’accepter le monothéisme suggéré par les missionnaires qu’en fût sa forme.

En 1578, Akbar, l’empereur mongol, permit que ce tînt à sa cour un colloque, rassemblant des prêtres parsis, des ascètes jaïnistes, des sages indus et des musulmans relevant des doctrines orthodoxes ; les Jésuites qui débarquèrent avec les explorateurs furent tout simplement accueillis avec bienveillance. Les artistes de l’Indes adoptèrent une attitude similaire. Si, initialement, les étrangetés de vêtements de nouveaux venus et un certain maniérisme, consistant, par exemple, à tenir un mouchoir à la main, accaparèrent leur attention, par la suite ils réalisèrent des portraits des Portugais et des Anglais, dont les peintres européens auraient pu envier la facture.

voyageurs anglais

Ce couvre-lit du 17e siècle produit à Golconde (au centre des Indes), représente des Européens assistant à un banc ; acclimatés, ils ont presque des allures des Orientaux ; leurs vêtements rappellent par leurs plies ceux des pays. À mesure que les Occidentaux envahissaient les artistes indigènes se désintéressaient de leurs apparences. Un colon anglais fume un narguillé ; il prend ses aises savoure la mollesse de coussin orientaux ; trois serveurs l’entourent. L’autre a sans doute pris pour modèle l’Écossais William Fullerton, chirurgien de la Compagnie des Indes.

Englishman

Élégant voyageur traverse d’un vigoureux pas un paysage indien. L’empereur fréquentait les gens de qualité de n’importe quelle origine et s’intéressait aux Occidentaux.

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