Les riches marchands

Alors qu’en quête d’or et d’indigènes à convertir, Espagnols et Portugais exploraient le monde, d’autres nations s’intéressaient aux possibilités commerciales des terres nouvellement découvertes. Parmi celles-ci, la Hollande, pays petit mais vigoureux, réussit à engranger une moisson importante de richesses. Le sens aigu du commerce avait conduit les marchands hollandais à sélectionner de rudes capitanes pour leurs vaisseaux bien armés et, en 1629, ils se targuaient à juste titre d’«avoir chassé des mers les autres nations, de contrôler à la source presque tous les genres de commerce ».

Ainsi la Hollande devint-elle le plus gros importateur et distributeur en Europe de certaines marchandises, le sucre, les épices, la porcelaine, les perles destinées à la décoration.

Les énormes profits réalisés servaient en premier lieu à satisfaire des plaisirs bourgeois, tels que garnir la maison de meubles de prix, s’habiller luxueusement, tenir une bonne table mais, lorsque ces dépenses ne suffisaient pas à juguler un enrichissement sans cesse croissant, les Hollandais s’intéressaient à l’art ; afin de perpétuer leur opulence pour la postérité ils demandaient souvent aux artistes de les représenter avec leurs richesses. Ces tableaux, initialement de simples sous-produits de la fortune, sont devenus des pièces historiques, qui traduisent les réalisations de la Hollande du XVIIe siècle.

La mer a exercé une grande influence sur le développement des Pays-Bas en leur assurant les moyens et les servitudes d’un commerce maritime florissant.  Les ports de la mer du Nord avaient toujours permis aux Hollandais de commercer avec le reste de l’Europe ; ils constituaient aussi une fenêtre ouverte sur le Nouveau Monde.

La mer exigeait en quelque sorte que les Hollandais vécussent du commerce maritime ; les deux cinquièmes de la surface du pays se trouvaient au-dessus du niveau de la mer. Les dunes, les marais, les lacs limitaient l’étendue des terres arables. La population, dans sa majeure partie, dépendait donc pour vivre du commerce maritime.

visseaux de vroom

Les vaisseaux de haut-bord, que H.C. Vroom représente ci-dessus, lourdement chargés à leur retour de Brésil, apportaient au pays d’immenses richesses

jan de Brey

Des artistes opulents. Sur cette toile par Jan de Bray (Haarlem, 1627 - id. 1697) « Les gouverneurs de la guilde de Saint Luc de Haarlem », réalisée en 1675, l’artiste a représenté les membres de la corporation des artistes hollandais, avec cet air de satisfaction qui leur était propre au siècle d’or des Pays-Bas

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