Explorations portugaises

Le prince Henri mourut en 1460. Sa disparition priva les Portugais d’une grande partie de ce dynamisme qui les avait animés pendant quarante ans. Au cours des deux décennies suivantes, le goût des explorations ne disparut pas totalement.

L’équateur avait été traversé par les Européens en 1473. Lopo Gonçalves l’a fait sans que personne à bord de son vaisseau n’eût été transformé en torche, ou métamorphosé en Noir. L’esprit de croisade demeurait vif. De temps à autre, dans l’espoir qu’ils réussiraient à joindre le Prêtre Jean, on relâchait sur la côte d’Afrique des indigènes qu’un séjour au Portugal avait permis d’impressionner tout en leur apprenant la langue portugaise.

La recherche de l’or en Afrique se révélait décevante et les épices des Indes devenaient l’objectif convoité.

Mais, pour atteindre les Indes, encore fallait-il contourner l’Afrique. Ce premier but semblait reculer à mesure que les explorateurs, s’avançant vers le sud, voyaient s’allonger la côte du vaste continent.

Le Portugal n’était plus le seul pays à nourrir de telles ambitions. En effet, dès 1459, l’Espagne avait émis la prétention de contrôler quelques-uns des rares ports sains, disséminés le long de l’immense côte de l’Afrique. Les étendues marécageuses ou désertiques, les zones de courants violents, qui séparaient ces havres, interdisaient tout établissement en d’autres points du littoral.

Arrivés les premiers en Afrique, les Portugais étaient résolus à conserver leur prédominance sur ce continent, ainsi demandèrent ils l’assistance au Pape. Depuis des siècles, le Saint Siège arbitrait les différends entre nations chrétiennes. Ce rôle demeurait incontesté mais les décisions papales commençaient à perdre de leur poids. Néanmoins, les Portugais réussirent à obtenir du Saint-Siège, à partir de 1455, une série de déclarations qui reconnaissaient leur souveraineté sur toutes les îles et terres situées au sud du cap Bojador.

Vers 1478, Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon, dont le mariage avait uni ces deux états, reconnurent implicitement les droits du Portugal en demandant au Pape l’autorisation de commercer en Guinée. Bien qu’un refus leur ait été opposé, des navires espagnols, plus ou moins interlopes, continuèrent a fréquenter le golfe de Guinée à la recherche d’esclaves.

Les Portugais étaient certainement au courant de ces nombreuses expéditions clandestines, car le débarquement des esclaves sur les rues de Séville constituait dorénavant un spectacle familier. L’activité des Espagnols, ainsi que celle des Anglais qui avaient soumis une requête au Pape en 1481 pour obtenir des droits  de commerce en Afrique, aiguillonna Jean II, qui était monté cette année-là sur le trône du Portugal.

Les explorateurs portugais furent poussés vers de nouveaux succès avec une insistance inégalée depuis la disparition d’Henri le Navigateur. Un des premiers soins de Jean II fut de confier à Diego Cao le commandement d’une expédition, la première d’une longue série, dont le but était de rechercher une route maritime vers les Indes par le sud de l’Afrique.

Un détail caractéristique des voyages de Cao prouve la détermination du Portugal d’affirmer sa souveraineté sur toute la côte d’Afrique. On lui fournit des padroes, sortes de stèles portant des inscriptions en latin, en portugais et en arabe, et qu’il avait mission de dresser aux points remarquables de la côte à mesure de leur découverte. Cao en érigea une, en 1483, à l’embouchure du Congo et une autre au point le plus méridional de son voyage, c’est-à-dire sur le cap Cross par 21e 50 de latitude sud.

le néant

« Chercher quelque chose hors de Dieu, c'est explorer le néant.  » (Félicité Robert de Lamennais, prêtre, écrivain, philosophe et homme politique français, né en 1782 et mort en 1854). Illustration : Megan Jorgensen

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