L'ère des tempêtes

Nous nous approchâmes de l’Équateur et nous nous trouvâmes encalminés pendant des semaines, quoique soumis à de violents orages avec de terribles éclairs et beaucoup de coups de tonnerre (Francis Drake, 1577).
Une fois engagés dans des régions océanes que ne décrivait aucune carte, le navire subissait les caprices du temps. Les cartes portaient une série d’îles échelonnées au milieu de l’Atlantique mais que les marins, filant devant la tempête ou encalminés dans le terrible pot au noir, ne réussissaient pas à localiser.

Assaillis par une tempête, les marins ne pouvaient que prier et attendre le miracle. Les Anglais entonnaient un cantique « Que Dieu assiste les hommes de bonne foi », les Italiens guettaient les feux de la saint Elme, et cette luminescences, dues à de l’électricité statique, étaient pour eux présage de beau temps. Christophe Colomb lisait la bible à haute voix. Dans son journal il note que les hommes et les vagues se calmaient lorsqu’il répétait la phrase prononcée par le Christ au cours d’un orage : « Ne craignez rien, ce n’est que moi ».

Le scorbut, une terrible maladie due à une carence en vitamines, frappa les équipages de Magellan, mais le navigateur portugais parcourut près de douze milles dans le Pacifique sans rencontrer une île où se ravitailler en fruits et légumes verts.

Après avoir découvert les routes qui, par le sud, leur permettaient de gagner l’Extrême Orient, les explorateurs recherchaient en vain des passages par le nord du Canada ou de la Sibérie. Bien que, sur l’ordre des capitaines, l’on disposait des madriers, des cordages, des matelassages divers à hauteur du plat-bord, les icebergs défonçaient souvent ces protections et écrasaient la coque.

Parfois les matelots travaillaient plusieurs jours à la file pour écarter les icebergs à la gaffe. Certains de ces icebergs, selon l’explorateur danois Jens Munck, « prenait appui sur le fond à 40 brasses de la surface (75 m) et s’élevaient à 20 brasses (36 mètres dans les airs ». « Si je n’avais réussi à faire mordre un fort grappin à la partie supérieure d’un bloc de glace, ce qui permit de faire éviter le navire… ce jour-là nous aurions été par le fond, le navire et nous ». Lors de son expédition de 1619, Munck partit avec un équipage de 64 hommes ; il n’y eut que trois survivants.

en avant

« Je suis prêt à aller n'importe où, pourvu que ce soit en avant. » (David Livingstone, médécin et explorateur écossais, né en 1813 et décédé en 1873). Illustration : Megan Jorgensen

Lire aussi :

Partager|