Voyage vers le Cap de la Bonne-Espérance

Cao venait d’explorer la côte centre la pointe Sainte-Catherine et le Cap Cross sur une longueur de 1500 milles, mais la direction du littoral demeurait orientée vers le sud. Nullement découragé, Jean II expédia en 1787 Bartolomeu Dias (qui n’a aucun rapport avec Dinis Dias) à la tête de trois navires : il avait mission de contourner l’Afrique et, si possible, d’entrer en contact avec le Prêtre Jean.

Les perspectives étaient redoutables, mais, à l’époque, la terrible zone des tropiques avait été traversée à maintes reprises et l’on savait que, grâce à leurs armures et à leurs armes à feu, les Européens étaient en mesure d’exiger des vivres frais de n’importe quelle tribu indigène, même hostile. Les Portugais inspiraient un tel respect qui, si l’on croit un récit de l’époque, un chef indigène défit son rival en ordonnant à ses hommes « de se blanchir le visage avec l’argile … en les déguisant de toutes les façons possibles pour qu’ils puissent être plus facilement pris pour des chrétiens ». À leur vue, l’ennemi prit la fuite « et ce résultat fut salué par de grandes réjouissances ».

Comme toutes les expéditions portugaises, celle de Dias fut préparée dans le plus grand secret. Seuls quelques détails du voyage nous sont connus, mais, par ses résultats, comme par les promesses qu’elle apportait, cette expédition surpassa de beaucoup celles qui l’avaient précédée. Arrivé à la latitude de l’actuelle Lüdernitz, soit à 520 milles nautiques au nord-ouest du cap de Bonne-Espérance, Dias fut déporté loin de la côte par de violentes tempêtes.

Le mauvais temps un peu apaisé, il trouva refuge dans la baie de Mossel, sans se rendre compte qu’il venait de doubler le Cap de Bonne-Espérance. Il poursuivit sa route et longea le littoral en direction du nord-est, jusqu’à l’embouchure du Rio-du-Infante, située près de l’actuelle ville de Port-Alfred.

En ce moment, il était sûr d’avoir doublé l’extrémité sud d’Afrique, mais ses équipages en avaient assez. On ne croyait plus depuis beau temps à ces sinistres périls, mais les matelots n’en étaient pas pour autant à l’abri de la panique. Forcé par ses hommes à faire demi-tour alors qu’il atteignait l’océan Indien, Dias eut quand même la satisfaction d’apercevoir le large promontoire, qu’il avait contourné sans le savoir et qu’il baptisa Cap des Tempêtes. Le roi Jean, au récit de l’expédition, le rebaptisa Cap de la Bonne-Espérance.

les étoiles ont guidé les navires

Les étoiles ont guidé les explorateurs portugais. Image : Megan Jorgensen

À lire également :

Partager|